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Metz : stèle funéraire

 

La contrée dont fait aujourd'hui partie le département de la Moselle appartenait, à l'époque de l'histoire où on en parle pour la première fois, à la Gaule-Belgique.
Après avoir été sans doute habitée par une primitive population celte (ou Galls), elle avait été envahie, probablement vers le 4ème siècle avant l'ère chrétienne, par de nouveaux peuples venus de l'Orient. Sous le nom de Bolgs (ou Belges, ou Belgae), ils s'étaient emparés de tout le pays compris entre le Rhin, les Vosges, la Seine et la Manche, et en avaient refoulé les premiers habitants, ou plutôt, s'y étaient fait une place parmi d'eux.

Ce peuple, du temps de César, était formé d'une confédération de diverses nations au nombre de vingt sept. Une de ces nations, qui portait le nom de Médiomatrici, occupait un espace assez vaste - qui avait d'ailleurs était plus vaste encore auparavant ! - dans lequel se trouvait notre département, ainsi qu'une partie de ceux qui l'avoisinent.

César, en décrivant le cours du Rhin dans sa « Guerre des Gaules », nous rapporte que ce fleuve coulait sous les frontières des « Séquani », des
« Médiomatrici », des « Tribuci », et des « Treviri ». Strabon , un écrivain, nous apprend, quant à lui, que les « Tribuci » étaient des Germains qui s'étaient établis sur le territoire des Médiomatriques.

Du rapprochement de ces deux tribus résulte la constitution d'un nouveau peuple : les « Triboks ». Ceux-ci, à une époque récente, ont forcé le peuple médiomatrik ( ou médiomatrique ) à reculer du Rhin vers la partie septentrionale et orientale de leur empire, délimitée par la chaîne des Vosges. Pour se faire une idée juste de ce que représentait l'importance de la superficie des terres des Médiomatriks, il faut ajouter à ce qui a été pendant de longs siècles le territoire de l'ancien évêché de Metz, celui de l'ancien évêché de Verdun ( qui en fut détaché plus tard pour faire partie d'une région distincte ).

En créant les grandes régions sous le nom desquelles la Gaule fut incorporée dans l'empire romain, Auguste ne toucha pas aux limites de la répartition géographique des peuples qui la composaient. Chacun de ces territoires reçut la dénomination latine de « civitas », qui fut plus tard employée pour définir les chefs-lieux de ces régions ( mais qui représentait alors le nom de leurs populations.) La civitas des Médiomatriks fut comprise dans l'ancienne province romaine belge avec celle des Leuques ( ou Leukes ) et celles des Trévires.

Elle avait déjà pour chef-lieu et oppidum principal Divodurum, situé au confluent de la Moselle et de la Seille.
Tacite est le premier a en citer le nom, dans la phrase « Divodurum, Medimatricorum id oppidum est. » (Divodurum est la place forte des Médiomatriques)

Sous Constantin, au commencement du 4ème siècle de notre ère, les anciennes divisions furent changées, et la Gaule fut partagée en dix sept provinces.
La première province comprenait les trois civitates ( Médiomatriks, Leuques, Trévires ) ainsi que celle des Veroduni, formée d'un démembrement de la civitas médiomatrice.
Ce peuple eut donc, pour la seconde fois, à subir un amoindrissement territorial. Réduit à cette dernière superficie, il forma précisément l'ancien
« diocèse de Metz », qui conserva pendant de longs siècles les mêmes limites et dans la partie orientale duquel se trouve renfermé presque exclusivement le département auquel est consacré ce site.